Mesure la hauteur de ton esprit à l'ombre qu'il projette

Ils se tirent d'une première échaufourrée :

 

 

C'est Claude, derrière moi. Il sourit. Bave.

-Attends un peu que je t'arrange! qu'il me lance.

Je suis encore èa genoux. Il tente de me donner un bon coup puis il m'immobilise. Fabia sort de sa cachette, proteste, le frappe sur le dos, sur les hanches, mais il est bâti solide, il reste de marbre; merde! Maladroitement, je lui envoie la canne. Il la bloque, me l'enlève des mains, l'applique sur ma nuque, presse, me plaque au sol. On n'en viendra pas à bout. Il va vraiment me tuer devant tout le monde. Faut agir. Fiouc! Je ne résiste plus contre sa force et son poids mais je me repositionne sur le dos en tournant sur moi. On est nez à nez, là. On mélange nos fétides haleines. Il ricane. Avec ma main droite, je remonte une jambe de mon pantalon, descends la chaussette, ouvre l'étui de cuir, retire la dague, puis la lui plante dans le ventre, couic! Ses yeux deviennent ronds, comme prêts à sortir de leurs orbites. Il tombe sur le côté, crie effroyablement. Il hurle, agonise, pisse le sang, arrose. C'est un jet incroyable. Il perd tout dans le temps de le dire. [...] Le sang de Claude se répand progressivement sur toute la scène. [...] Quelqu'un crie : «Ils ont tué Claude! Assassins!»

 

Patrick Brisebois, Trépanés, L'effet pourpre, 2000, p. 86-87

Tous droits réservés © 2003 - 2008 IndexQuébec Inc.