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En 2003, Normand de Bellefeuille, cet autre poète et ami, a écrit dans un petit livre dont on a trop peu parlé (mais c'est toujours ainsi, n'est-ce pas? La poésie ne compte pour rien dans le cours des jours) : «Tu es venue quand au parterre sonne le muguet, venue avec le corps qu'il fallait, le silence qu'il fallait dans tout ce bruit du monde.» Je ne crois pas avoir rien lu d'aussi beau depuis que j'ai découvert, il y a plus de trente ans, que les livres et la vie pompent leur sève à la même source commune. J'ai été jaloux de mon ami, parce que chacun des mots qui composent cette phrase aurait dû être prononcé par moi, pour toi. Mais ma jalousie s'est vite évanouie : j'avais trouvé dans ces mots le psaume que j'attendais. |
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Jean-François Beauchemin, La fabrication de l'aube, Québec/Amérique, 2006, p. 108-109 |
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