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Ashini - Yves Thériault - 1960

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Le premier fils d'Ashini «dort au lac Uishketsan, noyé durant une crue de printemps.» Le second, qui avait une certaine admiration pour les Blancs, a été tué par un de ceux-ci («puant le whisky»). Et voici maintenant Ashini en train d'enterrer sa femme dans une «fosse en ouest que la bonne femme sache voyager tout droit vers le pays des Bonnes Chasses.» Que fera Ashini à présent? Il «n'est point de science plus complexe que de parcourir seul des sentiers où d'autres auparavant cheminaient avec soi.» Or, il n'a pas perdu que toute sa famille. En effet, presque tous les Montagnais sont allés perdre leur âme dans ces cages dorées que les Blancs appellent «réserves». Avant de mourir, Ashini sent qu'il est de son devoir de faire comprendre au Grand Chef Blanc qu'il serait «louable de laisser croître ici un troisième peuple, de race autre, de langue différente, capable d'enrichir le pays de ses traditions, de ses sagesses et de son intelligence.» Il lui fixe rendez-vous, convaincu de ne pas être ignoré parce que s'il l'était, le Grand Chef Blanc perdrait la face. Ashini méconnaît les rouages de l'administration.


L'ÎLE

L'encyclopédie canadienne

Anathase-David

Rallye

Wikipédia

À notre avis :

Très court roman de quatorze chapitres (et un épilogue), écrit au passé et au «je» par un narrateur omniscient, Ashini. Ledit narrateur apparaît aujourd'hui typé : les autochtones dont on entend parler de nos jours sont traités de lâches et de dégénérés par Ashini, parce qu'ils vivent dans des réserves et qu'ils parlent parfois l'anglais ou le français; Ashini, lui, vit en autarcie dans le bois. Son nom veut dire «le roc» et effectivement, sa pensée est dure et froide. Habitué aux grands espaces et à la solitude, il est l'homme de peu de mots et c'est pourquoi sa plainte reste aérée. Il y a un parallèle à faire entre Ashini et le Menaud de F-A Savard, mais tandis que j'ai vomi le nationalisme du second, le patriotisme du premier ne m'a pas dérangé. On note «dieux sylvains», «uniment», «miel aoûtés» et, avec suspicion vu le contexte international, on note aussi: «Ce sang est pur et digne, dit-il. Il a le goût de l'immolation.»

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