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Baisée - Marie Raspberry - 2004

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Jeune réceptionniste à la culotte absente et à la main aussi preste que discrète, Marie Raspberry est engloutie dans une vie déjà morne : l'amour ne figure plus sur le radar de cette jeune orpheline dans le début de la vingtaine. Scribouillarde, elle est particulièrement intéressée par une des figures de proue de ces «Jeunes Écrivains de la Relève» de la fin des années quatre-vingt, Réjean Milrats, qu'elle ira rencontrer lors de la Foire annuelle de Montréal. Ceci étant le prélude d'une passion qui fera ses ravages. Mais que vivre d'autre quand on est naïve et que l'on s'intéresse à un «grand néo-poète déchu»?


L'ÎLE

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À notre avis :

Pour la petite histoire (youppi, un potin!), Marie Raspberry se retrouve dans un livre de Christian Mistral (une chanson de Dan Bigras porte aussi ce nom, écrite par Mistral) qui réclamerait donc des droits sur le personnage. «C'est comme ça que je me suis toujours surnommée, je m'appartiens», rétorquerait-elle. Bref, les journalistes ont noirci quelques lignes. Le livre fait 300 pages, dix chapitres, cent subdivisions. Les chapitres sont mal circonscrits, parsemés de digressions pas toujours utiles. Onomatopées, déformations de mots, détournements de sens, interpellation du lecteur, usage abusif du point d'exclamation, énumérations, néologismes, hyperboles, comparaisons douteuses... l'auteure use et abuse de tous les artifices littéraires pour rendre son récit vivant. Quant aux francismes, suffit de lire la première phrase: «Quand je l'ai aperçu, tout à l'heure, ça m'en a foutu un coup; je vous jure, ce genre de truc, ça devrait être sanctionné par la loi» pour comprendre à quel genre de livre on a affaire.

À votre avis :

La jeune Marie, les doigts dans la fente, s’essaie à la feinte. Réjean Milrats, le futur dauphin, ne s’en fait pas. Baisant ailleurs, il est refait. Marie, elle, est défaite. Fin de la fête, finie la fente, plus de feinte. Amante défunte, amoureuse refaite. En fin de compte, départ sur la flotte. Voyage au bout des flots. 15 ans après, un flo : Jo. C’est un très beau livre, bien écrit, bien léché. Chaque mot est pesé, chaque phrase est soupesée, chaque paragraphe est sucé. Ce livre me suce dans le sens que je m’y investis, tout comme la petite Marie dans l’écriture, cette écriture qui lui touille les intestins. Ce livre me met la main à la pâte et le cœur en vadrouille. Ce livre me fait déraper dans la sauce blanche. Dis-moi comment tu jouis et je te dirai qui tu es. Qui tuer. Je ferme les yeux pour en éviter les giclées. Ce livre me caresse l’âme, me vrille le ventre, me touche partout et dans mes endroits les plus intimes. Ce livre est fort et généreux. Une histoire d’amour qui, comme toutes les histoires d’amour, finit mal et bien à la fois. Mal par la rupture, bien par la progéniture. Comme toutes les histoires d’amour, c’est un voyage sur les flots : larmes, bière, sperme, puis l’Océan Pacifique : lieu de fuite de tous les flots. C’est un roman flot plus qu’un roman fleuve. Je me jette dans les flots en le lisant, comme la rivière se jette dans le fleuve qui se jette dans la mer. La mère morte de Marie dans le roman n’est pas la Mer Morte, ce serait plutôt l’amère déception des Sœurs crises. Une fois les flots passés, j’essuie les pages de mes larmes des motions, mouvements qui amènent le foutre au gland à la bouche au con dans le cul. Drapé dans son grand manteau noir de jais, le géant Milrats retourne sous terre, tandis que Marie vogue sur mer et Josyane meurt de/dans sa merde. Baisée, c’est l’agile talon de l’amoure avec sa grande aaaaaaahhhhhhh.

Signé : Martin Solar

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