Les classiques à lire. Les livres et les auteurs qui deviennent des incontournables!

Accueil

Résumés

Prix

Autre

Contact

   

Répertoire

Par époque

Liens

Publicité

Suggérez

Imprimer


Précédent

Originaux et détraqués - Louis Fréchette - 1892

Suivant

Plus que douze portraits d'hurluberlus qui ont réellement existé et qui font rire, Originaux et détraqués est un hymne à la singularité. C'est le portait de poètes soit naïf, comme ce Marcel Aubin qui ne parlait qu'avec des rimettes, soit grandiloquents comme ce Grosperrin, un homme débarqué du vieux continent et qui ne se reconnaissait qu'un seul rival (et encore bien inférieur) : «On parle beaucoup de Victor Hugo, disait-il. Pardi, c'est pas difficile de se faire un nom quand on a ses avantages. Il sait l'orthographe, lui. Il peut écrire ses vers lui-même. C'est sa supériorité sur moi.» On retrouve encore en ces pages des portraits de petits crosseurs, d'un bedeau malicieux et de quelques sympathiques clochards, mais, surtout, on y trouve l'histoire de Grelot : un «jeune homme de bonne mine et de moyens» qui voit «tout s'écrouler autour de lui» après avoir prononcé bien innocemment le mot qui deviendra son sobriquet et le détraquera. Qu'il suffise de dire qu'en son temps, le conseil de ville vota un règlement mettant à l'amende quiconque prononcerait le mot «Grelot» et, qu'en guise de parade, les cochers de la ville se plaçaient des deux côtés de la rue, un côté criant «Gre» et l'autre «lot!», et le lecteur aura une idée des proportions que le délire a pris.


L'ÎLE

Biographie

wikipédia

Maison natale

Buste, gravures...

À notre avis :

Louis Fréchette : «Si j'ai rangé mes Originaux et Détraqués sous l'étiquette générale de types québecquois, bien que plusieurs d'entre eux n'aient jamais réellement habité Québec, c'est que, à tort ou à raison, pour toute la partie haute du pays – d'Ottawa à Trois-Rivières, et de Montréal à Saint-Jean – un Québecquois n'est pas précisément un homme domicilié dans la ville même de Québec, mais un habitant des environs. Il lui suffit même souvent d'être né dans le bas du fleuve. J'ai entendu dire plus d'une fois à Montréal : "C'est un Québecquois, il est de Rimouski."» Voilà qui éclaire sur la conscience nationale et la façon dont on concevait le territoire à l'époque (et, incidemment, ça explique ce "c" qui peut paraître superfétatoire dans le mot "Québecquois"). On est charmé d'entendre parler de professions dont on ne soupçonnait pas l'existence et de lire des mots et des phrasés d'un autre temps. Et c'est souvent drôle, malgré quelques longueurs vers la fin. On note: « un autre habitant, qui n'avait pas l'air d'avoir inventé la corde à tourner le vent »; «réclamation légitime ou chicane d'Allemand»; «Pourquoi, lorsqu'on parle de Québec, est-on toujours porté à dire "la bonne vieille ville"» (on se demandait déjà ça en 1892?) et les mots «éjacula» (au sens de «hurla») et «incidentellement» (si ce dernier mot a déjà figuré dans le Robert, on l'a retranché depuis).

À votre avis :

Cliquez ici pour faire parvenir votre commentaire

Tous droits réservés © 2003 - 2010 IndexQuébec Inc.