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Chaînes - Jean Filiatrault - 1955

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Cette œuvre est un diptyque : à un court roman, intitulé La Chaîne de feu, succède une courte nouvelle intitulée La Chaîne de sang. L’un renvoie à l’autre par le thème commun de l’inceste mère-fils. Dans La Chaîne de feu, Serge Mathieu, jeune pianiste de Westmount, prépare un récital crucial pour sa future carrière. Sa mère, Eugénie Dugré-Mathieu, veille à ce qu’il travaille sans relâche, un moyen aussi de le garder auprès d’elle. La mère fait ainsi peser sur son fils son autorité et son emprise affective conjuguées. Elle s’inquiète depuis quelque temps du manque d’application de son fils et découvre que la cause en est une relation amoureuse nouée avec Véronique Boulanger, une voisine. Eugénie fera en sorte d’éloigner la rivale. Mais Serge ne pardonne pas ce geste à sa mère qui considère pourtant sa conduite irréprochable jusqu’à ce qu’elle se sente attirée par le frère de Véronique, le séduisant Alban, qui a pratiquement l’âge de Serge… La Chaîne de feu présente les lettres de Bastien Patry, un fou qui se croit à l’hôtel alors qu’il se trouve dans un institut psychiatrique. Il s’y lie d’amitié avec Isabelle, une infirmière qu’il considère comme sa femme se chambre. Le départ de celle-ci le bouleverse et le pousse à faire face à ses démons : l’amour passionnel qu’il a toujours eu pour sa mère est la cause monstrueuse de son internement.

Cercle du livre de France


L'ÎLE

wikipédia

À notre avis :

Un des meilleurs exemples du roman psychologique des années 1950. L’amour incestueux est présenté avec une franchise qui évite tout sensationnalisme et toute condamnation morale. C’est très étonnant pour l’époque. L’écriture, très sûre, mais un peu bridée, n’aide pas toujours un récit un peu lourd et lancinant, surtout dans la première partie où quelques dialogues fleur bleue viennent gâter la sauce. La seconde partie, en revanche, est mieux maîtrisée. Enfin, les liens thématiques entre les deux parties du diptyque présentent une modernité étonnante pour le roman québécois de cette période.

C.G.

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