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La fin de siècle comme si vous y étiez (moi j'y étais) - Brigitte Caron - 1995

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Il y a Dany, rêveuse impénitente, naïve au grand coeur. Il y a Patricia, lesbienne et militante en tout ce qui intéresse la gauche. Il y a le beau Marc, parti faire le tour du monde. Il y a Joanna, chroniqueuse mondaine dans un hebdo culturel branché et mangeuse d'hommes. Et surplombant tout ce beau monde, «tel un phare», il y a Ninon Lafontaine qui se trouve «très poche» et qui, à l'instar des autres personnages et de sa génération, X, cherche un endroit où se garrocher.


L'ÎLE

À notre avis :

Ils ne savent peut-être pas où aller, mais il y vont drôlement (dans tous les sens du terme). C'est coloré à souhait. C'est frais et frétillant comme un saumon qu'on pêche à l'automne. Euh?

Extrait de la suite :

-Mais je l'ai lu!» s'exclame François.  Ça suscite un certain étonnement dans la pièce, le livre ayant connu, à l'époque, un demi-échec (et même un bon trois quarts, pour être honnête). «Attends que je me rappelle : c'était l'histoire de quatre filles et d'un gars dans la fin de la vingtaine, qui se cherchaient et qui...» [...] «J'avais beaucoup aimé ton livre [...] et plus particulièrement la structure des multiples focalisations amenées par le biais des personnages qui s'expriment chacun dans son genre propre...» Et devant son auditoire ébahi, il se met à faire toute une analyse du roman, entrant dans la profondeur des détails, décortiquant les liens entre les lieux symboliques et les sous-genres littéraires, l'exploitation narratologique, le décloisonnement proprement postmoderne, mettez-en, c'est pas de l'onguent. Non seulement il a aimé ça, mais en plus, il a tout compris!

Brigitte Caron, Le temps des amours lucides, Montréal, 2002, XYZ éditeur, p.37

Et encore :

[...] le monde dont il est question dans ce roman n'existe déjà plus. Le postmodernisme ne peut plus être, puisque la Modernité est bel et bien morte et enterrée. Quant à cet univers nouveau dans lequel nous vivons, il m'est totalement étranger puisque, à mesure que les concepts sont fixés par des mots, ils sont déjà dépassés. Aussi mon analyse manque-t-elle, malgré toute ma bonne volonté, de perspectives...»

Brigitte Caron, Le temps des amours lucides, Montréal, 2002, XYZ éditeur, p.349

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