Les classiques à lire. Les livres et les auteurs qui deviennent des incontournables!

Accueil

Résumés

Prix

Autre

Contact

   

Répertoire

Par époque

Liens

Publicité

Suggérez

Imprimer


Précédent

Les perruches sont cuites - Charles Bolduc - 2006

Suivant

Tout ça se passe en ville, dans des immeubles aux cloisons minces. Le narrateur – ça lui arrive de s'appeler Charles – baise des femmes en leur demandant pardon, s'épanche sur le sort des vélos qui meurent dans sa ville, vomit dans des plates-bandes ou fait connaissance avec sa maladie dans le corridor d'une urgence... «On apprivoise l'altitude, l'extravagance des paroxysmes, on connaît tous les moyens de s'envoyer en l'air, des listes complètes d'orgasmes en poudre, en buvards, en bonbons multicolores ; mais un jour on se lève, les méninges en compote, et on constate que derrière cet acharnement à jouir, il n'y a que du vide.» C'est une grande fresque que nous propose l'auteur, mais «de notre vivant on n'aura jamais le recul nécessaire pour se faire une idée du tableau, on aura toujours le nez collé dans la peinture, à moitié asphyxiée par les vapeurs délétères de l'essence de térébenthine.»

Leméac


Son blog

La page du livre

Entrevue

À notre avis :

 

 

 

Petit recueil de nouvelles concises, écrites à l'imparfait. Le narrateur est la plupart du temps désincarné, parfois il ne dit que «on», et les protagonistes des nouvelles sont occasionnellement des objets. Si on me forçait à apposer une étiquette à ce livre, je dirais : trash lyrique. Charles Bolduc a le chic pour transformer un événement banal en situation romanesque et pour découper chaque élément de son histoire en paragraphes où chaque phrase se tient à son exacte place. Mon coup de coeur, c'est «Les vélos meurent en ville». Mais il aime ce qu'il écrit, monsieur Bolduc. Résultat : les phrases ont peine à se contenir tellement leur facture ampoulée les force à se snober entre elles. À moins qu'il ne s'agisse d'un complexe d'infériorité? Je ne sais pas. Espérons que, ce premier titre en banque, l'auteur aura davantage confiance en ses moyens. Ceux-ci sont aussi considérables que les autres commentateurs l'ont déjà mentionné. On note une orgie de francicismes : quand vous parlez à vos amis, monsieur Bolduc, dites-vous vraiment «faire les courses», «c'est dingue», «avoir la trique», «à s'en flinguer», «gorille en costard» ou «m'être pris une mauvaise cuite»? Vous écrivez «mouflet», «marmots» et «môme»... ce n'est pas parce que ces mots viennent d'outre-Atlantique qu'ils ont une autre valeur que ti-culs ou flos (c'est-à-dire de niveau familier). Il me semble urgent de vous le rappeler.

De l'avis

de l'auteur :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tiré de http://chble.jecris.ca/

àproposdemalangue.

22.03.2007 // 16:01

L’auteur du site lire.ca y va à son tour de sa critique de mon livre, critique qui est, somme toute, juste et généreuse (avec quelques rafraîchissantes formules, comme celle-ci, trash lyrique, pour qualifier mon recueil), je le souligne tout de suite pour éviter le crêpage de chignon. Merci, donc.

Monsieur Lavoie n’est pas le premier à remarquer le niveau de langage parfois élevé des Perruches, les structures travaillées, le choix de certains mots tirés du répertoire français plutôt que du registre familier québécois. Lui, comme quelques autres, ça l’a un peu dérangé. Bien. Je me suis dit que ce serait l’occasion, pour la ixième fois, d’exposer mon point de vue sur la question.

Cette utilisation d’un vocabulaire volontairement riche apparaît ainsi à certains comme un «complexe d’infériorité». Là où on peut parler alternativement d’enfants, de mômes, de marmaille, de gamins, de mouflets, de marmots, etc., il faudrait systématiquement leur préférer les flos et les ti-culs, parce que voilà de jolis québécismes ? Je ne suis pas d’accord. Enfin, partiellement seulement. Voilà : pourquoi absolument vouloir choisir un niveau au détriment de l’autre, pourquoi les inscrire l’un contre l’autre s’ils font tous les deux partie de l’espace du langage, pourquoi élire l’un et de ce fait réduire notre paysage lexical ? C’est fascisant comme attitude, parfaitement vain, et ça relève justement beaucoup plus du complexe d’infériorité (arrogance) que l’effort plus littéraire d’amalgamer harmonieusement les différents registres (car la réalité du langage dépasse de beaucoup celle du Québec). Vous avez lu le recueil, vous ferez vous-même la part des choses en effectuant le calcul : flos et mouflets s’y retrouvent chacun une fois, sur un pied d’égalité.

Ensuite, il faut garder en tête que l’écriture, ce n’est pas exactement comme «quand vous parlez à vos amis». Je m’étonne d’avoir à le préciser. Matthieu Simard, peut-être, écrit de la sorte, mais ce serait tenter bizarrement de disqualifier ici une tradition d’exigence associée à l’art en général : celle de s’élever justement et de reformuler le monde avec un axe, une voix, une vision. L’effort et la prétention littéraire (car il y en a à vouloir être publié) relèvent chez moi d’un rapport particulier au langage, d’une volonté d’objectiver l’écriture et d’en faire à la fois le véhicule et le personnage des récits, de lui donner une part marquée afin qu’il soit remarqué. Et, visiblement, je m’en réjouis, ça fonctionne à merveille.

Je vous serre affectueusement la main.

Droit de

nuance :

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour monsieur Bolduc,


Merci de bloguer sur mon obsession!

Commençons par la forme. J'ai fait énormément de résumés, et cette remarque dont on discute revient souvent. À force de réarranger le même commentaire différemment, j'en suis venu à pondre cette phrase un peu sotte (celle où il est question de parler à ses amis) où je semble vous demander d'écrire de manière vernaculaire... Oui, vous avez bien lu, c'est moi qui me suis mal exprimé. Mea culpa, loin de moi l'idée de m'ériger en censeur.

Ceci étant, vous avez parfaitement le droit de préférer un mot à un autre. Encore une fois, c'est votre histoire et il n'y a pas à en discuter. Mais moi, ce qui m'intéresse, comme lecteur, c'est que cette remarque – à propos de ce que je nomme les francissismes - ne s'applique qu'à des écrivains de moins de quarante-cinq ans (et à degré variable – d'où l'utilisation de la locution «une orgie» dans mon «avis» sur votre oeuvre), et que presque tous les écrivains de moins de quarante-cinq sont concernés. D'où ma question : Pourquoi cette génération spontanée? Si vous êtes si libre, pourquoi faites-vous tous, toujours, les mêmes choix?

C'est là que j'estime qu'il y a moyen de lever le doigt pour proposer une discussion. Voilà. Ceci étant, je réitère. Les mots que je cite n'ont rien de riches. Sauf erreur, et outre le mot «enfant» (que je n'ai pas relevé parce qu'international), ce sont tous des mots de niveau familier... Vos nouvelles sont de niveau littéraire, certes, mais les mots de votre narration ne sont pas tous de niveau soutenu, nuance. Alors, familier pour familier, pourquoi ce choix?  Encore une fois, c'est votre choix, mais il mérite d'être relevé dans mes observations.

Et en ce qui a trait au «complexe d'infériorité», come on! Dois-je vraiment séparer chacune de mes idées en paragraphe? N'y voyez surtout pas un appel à la créolisation du Québec!

Avec mes salutations les plus distingués,

Sébastien Lavoie

lire.ca

Lire aussi l'article paru dans le numéro 125 de la revue...

À votre avis :

Cliquez ici pour faire parvenir votre commentaire

Piqué de son blog

 (où il y a plus à lire) : 

 

 

 

 

 

14/08/2006 - Julie Laferrière (Radio-Canada)
24/08/2006 - Michel Vézina (Radio-Canada)
09/09/2006 - Éric Simard (CKRL)
14/09/2006 - Benoît Jutras (Voir Montréal)
23/09/2006 - Christian Desmeules (Le Devoir) - abonnés
26/09/2006 - Julie Mayrand (Impact Campus)
04/10/2006 - Anne de Malleray (CHYZ)
08/10/2006 - Raymond Cloutier (Radio-Canada)
08/10/2006 - Pierre Blais (Canal Vox)
13/10/2006 - René Homier-Roy (Radio-Canada)
15/10/2006 - Valérie Gaudreau (CKIA)
01/11/2006 - Claire-Lise Marso (Le Mague)
15/11/2006 - Carole Beaudoin (Écrivains québécois)
21/12/2006 - David Desjardins (Voir Québec)
09/01/2007 - C. V. (Impact Campus)
23/01/2007 - Christiane Charette (Radio-Canada)
27/02/2007 - Pierre-Luc Landry (Impact Campus)
02/03/2007 - Laurence (Bilbioblog)

On ajoute :

 

 

 

Tous droits réservés © 2003 - 2008 IndexQuébec Inc.