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Les
chroniques…
est un livre délicieusement irrévérencieux à mettre entre
les mains de tous les parents au bord de la crise de nerfs.
Le
succès des chroniques ne s’est pas démenti depuis que
Caroline Allard a commencé à les écrire sur son blogue en
mars 2006. Deux tomes ont été publiés à ce jour. Le premier,
paru en 2007, a remporté le
Grand Prix littéraire Archambault 2008 et
le second, paru en 2009, s’était déjà vendu à plus de 25
000 exemplaires quelques mois seulement après sa parution. Le 9
mars 2009, de plus, Radio-Canada inaugurait une websérie adaptée
des chroniques et mettant en vedette Marie-Hélène Thibault.
Les chroniques du deuxième tome ne sont pas classées selon l’ordre
chronologique propre à un blogue; elles sont
regroupées en fonction d’un personnage (la
narratrice, Mère indigne; ses deux filles, Bébé, puis Fille aînée;
sa sœur, Sœur indigne; ses amis) ou d’un thème (le corps et
le sexe). Certaines ont été radiodiffusées et d’autres sont
inédites.
À
l’instar du populaire sitcom américain, Seinfeld, réalisé
«about nothing», Caroline Allard raconte les petits riens qui
constituent «le quotidien qui tue» (p. 17) d’une mère de
famille. Ceux qui ont (ou ont eu) des enfants en bas âge
revivront le cauchemar de leur habillage en hiver, l’ennui
d’avoir à leur lire 1425e fois la même histoire qu’ils
redemandent, la frustration de ne pas pouvoir prendre sa douche
en paix, l’embarras causé par les questions insistantes sur
l’existence du père Noël, sur la signification de termes à
connotation sexuelle ou sur la couleur orangée des dents du
monsieur assis juste à côté dans l’autobus.
Comment
vivre ses drames avec humour
Si
quelques chroniques tombent à plat, la plupart font sourire et
certaines sont même très drôles, car Caroline Allard ne
s’en tient pas toujours à la stricte réalité; elle en
accentue le plus souvent le
côté fantaisiste. Ainsi, pour montrer à quel point sa vie de
mère l’a métamorphosée, elle affirme que, sans s’en
rendre compte, elle a déjà fourré une suce dans la bouche
d’un voisin d’avion pour le faire taire et qu’elle a, par
la suite, envoyer réfléchir dans leur chambre les agents de sécurité
venus l’arrêter. L’écriture est à l’avenant; vive et
dynamique, elle fait appel à des métaphores loufoques et elle
utilise abondamment le dialogue. Une chronique est même écrite
en alexandrins.
Les
chroniques ont le mérite de désamorcer les inévitables drames
de la vie familiale. L’épithète du titre met de l’avant
leur caractère iconoclaste et montre que Caroline Allard assume
le fait de ne pas être la mère parfaite que toutes les femmes
voudraient être. Elle assume son humanité, donc ses limites.
Elle en rajoute même, comme en fait foi, entre autres, la scène
où Mère indigne donne des bonbons à Bébé en crise, pour la
faire taire, au grand dam de son amie célibataire qui s’écrie
que «ça n’a aucun sens» et qu’il faut plutôt «lui
apprendre à gérer ses colères» (p.187). Vraiment, Les
Chroniques sont l’antithèse de tous les livres pratiques
sur l’éducation des enfants. L’antithèse et…
l’antidote.
www.radio-canada.ca/emissions/mere_indigne
Josée
Bonneville
 

Caroline Allard, Les chroniques d’une mère indigne 2, Sillery, éd. Septentrion, coll. «Hamac-Carnets», 288 p., 19,95$.
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